Trousse trou sot, récréation à l'image de la vie, ne se joue qu'une fois car le joueur ne doit apprendre à associer au mot derrière lequel il se cache, le chiffre.


Le maître du jeu, dont c'est là la seule participation, vide le pot pointu qui servira alors de cagnotte, de ses galets qu'il étale dans le cercle rouge, vocable dessus.


Au revers la pierre porte un chiffre qui donne la place du mot à l'intérieur du poème en puissance dans l'amas lithique, en plan sur le panneau vert, ainsi que la mise du trousseur.


 

Les joueurs, par le mot allechés, acquièrent à tour de rôle un caillou jusqu'à en vider le cercle rouge. S'il est celui que le plan vert prévoit dans son ordre numérique, il est posé sur son crochet numéroté, écriteau apparent vertical, et dit à haute voix par son dépositaire.


A défaut, le joueur le conserve pour le placer son tour venu, s'épargnant d'avoir alors à l'acheter. Un caillou peut être troqué pour plusieurs autres dont la somme ne dépasserait pas son numéro et s'en approcherait au moins à cinq unités. Excédé, on en conserverait le galet bien qu'ayant payé le prix de ceux qui l'auraient remplacé, restés dans le cercle, chiffre dévoilé, à la disposition des joueurs.


Ainsi pierre à pierre s'établit le poème que les partenaires déchiffrent; ils chiffrent les mots en bel argent sonnant: le poème vaut mille cinq cent quarante francs (minimum) qu'empoche celui des compétiteurs qui pose le premier sa dernière pierre, alors que le cercle est vide.


Ensemble, avec l'appareil de bois et de pierres, ceux-ci forment une clamante sculpture cinétique* dont le profond moteur mis à feu par l'appât du gain, et le vigoureux poème: 


TROUSSE

TROU SOT. SOLO

SOUS L'EAU. SURMULE

SILO MISSEL

MIT LE SEL. MOUSSE MASSE

TOUS TASSE

PASSE PISSE

PIF PAF

RESEPT CHAUD SEPT

RAIE CHAUD

CHAUX VEAU

CHAUD VOEU VE

TOUX SAIN LOUP VERT HURE

VERRE ROUE. ROUX VAIR

ROUVRE. LOUVRE. VEAU

LOURD. VEULE

LOU.LOU

MULE MOULE MOULURE

ROUE LIBRE.LOUP BRIQUE

BRAS QUEUE


*La sculpture connaît des positions arrêtées et des mouvements vers elles où les différents éléments mobiles (les pierres, l'argent - élément surajouté) se déplacent grâce à l'énergie ludique.

Le spectateur doit être attentif à ces déplacements qui sont autant d'états précaires de la sculpture vers sa transformation ultime: état parfait où le poème qui en est le principe et le moteur se trouve reconstitué.